Ghosn reste confiant dans le véhicule électrique.

A chaque fois que Carlos Ghosn prend la parole tout le monde lui demande si la Leaf électrique est une déception. Sa réponse est que ceux qui l’interrogent ont oublié l'objectif principal.

Suite aux maigres ventes aux US et à un récent recul sur certains projets de voitures électriques, Monsieur Ghosn serait-il en train de se tromper dans sa vision de l’industrie automobile, selon laquelle les voitures électriques constitueront 10 pour cent des ventes de véhicules ? 

Le Directeur Général répond toujours : “Non.” Avec la lenteur des ventes et les problèmes technologiques qui ont largement diminué l’optimisme de l’industrie de véhicules électriques, Ghosn est presque un cas atypique dans cette industrie. A huit mois du lancement de la fabrication à grande échelle de sa berline Nissan Leaf aux US, avec ses modèles de batterie complexes, il maintient ses premières affirmations. "Je connais les défis et les sceptiques. Je me suis habitué à eux," disait Ghosn devant une audience d’industriels à New York la semaine dernière au Salon de l’auto, où il a dévoilé la nouvelle Infiniti électrique. "L’une des questions les plus fréquentes que l’on me pose est si je suis toujours optimiste avec les véhicules électriques. Oui. Je continue de croire que cela représentera 10% du marché en 2020 dans toutes les régions où ils seront disponibles." Il ajouta : "Je continue de croire que Renault-Nissan vendra 1,5 millions de véhicules électriques d’ici 2016. Étant donné le nombre de clients qui aiment la Leaf et étant donné que nous sommes au début de la courbe des ventes de cette technologie, je n’ai aucun doute que l’émission zéro est là pour rester."

Mais les choses ne se sont pas déroulées si bien que cela jusqu'à présent pour le VE :  en mars, General Motors a suspendu la production de ses Chevrolet Volt à technologie hybride, à cause de la lenteur des ventes et d'énormes stocks. Puis, le Directeur Général de Fiat-Chrysler, Sergio Marchionne, a annoncé publiquement que le Groupe Chrylser allait perdre 10000$ par voiture sur le projet de la Fiat 500 électrique. Ensuite, le Constructeur Américain de batteries A123 System Inc. a subi un rappel pour ses batteries qui a effrayé les clients potentiels de véhicules électriques. De son côté Fisker Automotive a beaucoup lutté pour le développement de son projet de technologie hybride de sa berline familiale, le Département de l’Energie ayant dû arrêter le prêt fédéral pour le lancement du projet.   

J.D. Power and Associates et d’autres groupes de recherche ont publié des réserves indiquant que les consommateurs américains étaient encore loin d’être à l’aise avec les véhicules électriques aujourd’hui. Power avait prévu l’année dernière que tout l’électrique et les technologies hybrides rassemblés compteraient tout juste pour 159000 ventes annuelles en 2017. Pourtant, Nissan commencera son opération d'assemblage de la nouvelle Leaf à Smyma dans le Tennessee, avec une capacité de 150000 Leafs par an.

Les ventes de la Leaf ont été faibles. Cette année l’entreprise se retrouve seulement avec 1733 unités vendues, son objectif de 2012 étant entre 20000 et 25000. Ghosn souligne que toutes les Leaf sont fournies par une petite usine japonaise. Il indiqua aussi la semaine dernière que Nissan a volontairement freiné la croissance de sa production au Japon à cause de l’augmentation du Yen.  

'Epuisées'

Al Castignetti, Vice Président du Département des ventes et marketing de Nissan aux US souligne qu’il n’est guère question d'échec pour la Leaf dans les concessions Nissan. "Nous avons épuisé 100 pourcent de notre production," dit-il. "Nous n’avons plus de Leaf en stock pour qui que ce soit." 

Pour compliquer encore plus les deux longues années d’introduction de la Leaf, il y a eu le tremblement de terre de l’année dernière au Japon et le lancement fastidieux de la voiture aux US s’est fait au goutte à goutte. La Leaf était disponible dans les 50 états seulement en Février, plus d’un an après son lancement aux US, dit Castignetti. 

Jusqu'à récemment, il n'y avait pas assez de Leaf pour permettre aux 1100 concessions Nissan aux US d'avoir un modèle d'exposition.

Ghosn reste obstiné. Il rétorque aux sceptiques que l’histoire est bien plus importante que les résultats actuels des ventes mensuelles.  

J.D. Power et d’autres critiques disent que les consommateurs pâlissent devant le prix de l’électrique. Le prix catalogue de la Leaf a subi une augmentation de 7 pourcent l’an dernier à 36050$, avec transport. Ghosn dit que c’est en partie à cause de l’approvisionnement depuis le Japon, où le yen fait perdre toute compétitivité à l’export automobile. 

Une fois que la voiture sera approvisionnée depuis le Tennessee, sont coût diminuera brusquement, assure Ghosn a un journaliste. Mais Nissan réduira-t-il son prix de vente en conséquence ? Il refuse de le promettre. 

Ghosn a aussi garanti à la presse la semaine dernière à New York qu’il n’est pas inquiet au sujet des prochaines élections présidentielles de novembre. Une nouvelle administration conservatrice pourrait éliminer les 7500$ de crédit d’impôt fédéral à chaque acheteur de la Leaf, qui doit aider à stimuler le transport avec les énergies alternatives. "Plus le prix du carburant augmente, moins nous avons besoin d'encouragements," dit Ghosn.

Nissan martelait sur l’analyse de la rentabilité de la Leaf avec une essence au prix de 80$ le baril. Il est maintenant aux alentours de 100$. C’est mauvais pour les consommateurs, mais bon pour l’entreprise qui vend une solution aux prix élevés de l’essence. Sur cette prémisse, Ghosn a dit en 2008 que des mesures gouvernementales seront nécessaires pour amener le projet de Nissan  à son premier million de ventes. Il dit maintenant que la prévision à chuté de moitié soit 500000.

Positionnement futur

Ghosn dit que le lancement d’un véhicule électrique n'a jamais reposé sur un démarrage rapide des ventes. Il décrit le positionnement futur de la marque Nissan comme un processus à long terme. La voiture est idéale pour les ambitions de Nissan avec la nouvelle situation démographique des consommateurs de la génération Y, les 30 ans et moins. 

"Une étude réalisée par Deloitte", Dit Ghosn à l’auditoire, "a constaté que trois jeunes sur cinq préféreraient acheter une voiture électrique. Ceci met Nissan sur la lignée du plus grand groupe démographique américain.

Dans un autre contexte, un journaliste confronte le Directeur Général avec une théorie comme quoi la vraie raison pour laquelle les véhicules électriques ne se vendent pas est que les concessionnaires automobiles "détestent" vendre des voitures électriques.

Ghosn reste imperturbable. 

"Ça fait partie de l’avenir," répond-il.  "Je ne pense pas que nous, en tant que fabricants, pouvons avoir un réseau de concessionnaires qui ne s’investi pas dans la vente de voitures électriques lorsque nos consommateurs nous disent que c’est ce qu’ils veulent."

A l'occasion du salon auto de New-York, Nissan a présenté sa version du taxi de demain, le NV200, en présence de Carlos Ghosn, et du Maire de New York, Michael R. Bloomberg. Ce véhicule a été choisi pour devenir le taxi exclusif de la ville dès fin 2013

 

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